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Vendre mon entreprise VS le COVID-19

Difficile d’avoir une conversation ces jours-ci sans parler de coronavirus, n’est-ce pas? Les affaires commencent à redémarrer après plusieurs semaines de pause et les entreprises ont toutes été affectées, de manière plus ou moins importante.

Si vous songez vendre votre entreprise à court ou moyen terme, vous vous posez certainement la question suivante : quel impact aura le fameux COVID-19 sur la valeur de mon entreprise et ma capacité à la vendre?

Nous avons préparé pour vous une série de trois articles qui traitent de l’impact du COVID-19 sur vos projets de vendre votre entreprise.

Dans ce premier article, nous discuterons de l’impact du coronavirus sur la valeur de votre entreprise.

L’impact de la pause économique actuelle sur votre entreprise, notamment au niveau de sa valeur, dépendra de plusieurs facteurs qui demeurent aujourd’hui difficiles à prévoir. Les entreprises de certains secteurs seront assurément plus affectées que d’autres : on pense aux restaurants, aux commerces de détail et à tout ce qui touche le tourisme. Les entreprises offrant des biens ou services essentiels ainsi que celles qui sont bien établies au niveau du commerce en ligne seront évidemment les moins touchées.

Différence entre la valeur et le prix d’une entreprise

Plusieurs articles parlent de valeur/d’évaluation d’entreprises dans le contexte actuel. Il est important toutefois de faire la différence entre la juste valeur marchande (JVM), établie par les experts en évaluation et évaluateurs pour des besoins fiscaux, légaux ou transactionnels, et le prix. La JVM d’une entreprise est sa valeur théorique, dans un marché sans contraintes. Le prix est la contrepartie réelle qu’on obtiendra sur le marché lors de la vente de l’entreprise. La JVM sert presque toujours de point de départ pour établir le prix demandé pour une entreprise qu’on introduit sur le marché.

Le prix est sujet aux négociations et fortement influencé par le contexte de la transaction. Une phrase que je répète constamment à nos clients sera particulièrement de mise au cours des prochains mois : une entreprise ne vaut jamais plus (ni moins) que ce qu’un acheteur sera réellement prêt à payer pour.

Chez LaVitrine, on a constaté une croissance importante du trafic de notre plateforme web depuis le début de la pause. De nombreux acheteurs sérieux se manifestent pour obtenir de l’information sur les entreprises à vendre et la majorité de ceux qui étaient activement à la recherche d’une entreprise le demeurent. C’est une bonne nouvelle : il y a encore des acheteurs sur le marché.

Évaluation : l’introduction du BAIIAC et l’utilisation de prévisions

La valeur d’une entreprise en opération est normalement évaluée selon la méthode de la valeur d’exploitation, soit par la capitalisation ou l’actualisation des bénéfices générés. Cette méthode implique que l’exploitation de l’entreprise générera plus de retombées économiques (autrement dit : profits) que la vente de ses actifs.

La capitalisation est la méthode la plus connue car c’est celle qui est utilisée pour les entreprises établies dont les résultats sont stables ou présentent une croissance modérée. On utilise les résultats historiques pour déterminer le BAIIA (bénéfice avant intérêts, impôt et amortissement) annuel généré par l’entreprise et on y applique un multiple pour obtenir la valeur de l’entreprise.

Le BAIIA utilisé pour calculer la valeur est normalisé : on y apporte des ajustements pour en exclure les éléments hors normes, comme un dirigeant qui se verse un salaire plus élevé que ce qu’un employé serait payé pour occuper le même poste, et non récurrents, notamment les conséquences d’événements extraordinaires. Aucun doute à ce niveau : le COVID-19 est un événement extraordinaire. Au cours des prochaines années, on parlera certainement du BAIIAC : bénéfice avant intérêts, impôt, amortissement et coronavirus.

Est-ce que ça signifie que la valeur de mon entreprise ne subira pas de diminution à cause du COVID-19? Non. Le BAIIAC est une des deux variables dans le calcul de la valeur. La seconde est le multiple (basé sur le taux de rendement exigé par un acheteur), qui reflète le risque relatif à la réalisation des résultats futurs de l’entreprise. Le risque sera déterminé en fonction des rendements économiques mais aussi des risques propres à l’entreprise elle-même, en fonction de son secteur d’activité, de son modèle d’affaires et de sa robustesse. Dans le cas des entreprises moins affectées par le COVID-19, qui seront en mesure de retrouver leur niveau de performance pré-crise au cours des prochains mois, le taux de rendement exigé par les acheteurs deviendra donc le principal facteur de variation des valeurs.

Dans beaucoup de cas, le passé ne sera plus représentatif du futur. La méthode de l’actualisation sera alors plus appropriée.

Plutôt que de projeter le passé dans le futur, on ramène le futur au présent en actualisant les flux monétaires ou BAIIA prévus pour les prochaines années en tenant compte du risque inhérent à leur réalisation. Cette méthode, qui est en général utilisée pour les entreprises à forte croissance ou en difficulté financière, sera de plus en plus utilisée, car elle permettra de démontrer la reprise des activités en tenant compte des impacts du COVID-19 et des perspectives futures. Les prévisions financières deviendront donc un incontournable dans le processus de vente d’une entreprise, pour illustrer la reprise et justifier la valeur dans le cas d’une entreprise qui retrouvera ses opérations normales après la pause ou carrément pour établir la valeur pour les entreprises qui verront leur modèle d’affaires ou leur performance financière significativement changés par le COVID-19.

Autres éléments importants : fonds de roulement, actifs excédentaires et dette

L’évaluation d’entreprise est une expertise en soi et de nombreux éléments sont à prendre en compte. La valeur établie par les méthodes exposées précédemment, soit la capitalisation ou l’actualisation, est celle d’une entreprise qui possède exactement les actifs nécessaires pour son exploitation, ni plus, ni moins. On doit donc l’ajuster pour tenir compte des excédents ou des lacunes présents dans l’entreprise.

Le fonds de roulement est un des éléments importants à considérer. Si l’entreprise a plus de liquidités que le niveau nécessaire pour ses opérations, les surplus s’ajoutent à la valeur de l’entreprise. À l’inverse, un déficit devra être déduit de la valeur, car un investissement sera requis par le nouveau propriétaire pour ramener le fonds de roulement à son niveau adéquat. Souvent, les vendeurs vont retirer les sommes excédentaires ou, avec un pincement au cœur, renflouer les coffres de l’entreprise avant la transaction pour simplifier le tout.

Il arrive aussi que l’entreprise détienne des actifs excédentaires, soit qui ne sont pas nécessaires aux activités de l’entreprise. Il peut s’agir de biens immobiliers, d’équipements, de véhicules, de placements, etc. La valeur de ces actifs s’ajoute à la valeur. Fait important : pour donner accès au vendeur à son exonération pour gain en capital sur la vente des actions de son entreprise, ces actifs doivent être sortis des livres de l’entreprise avant sa vente.

La dette de l’entreprise peut aussi avoir un impact sur la valeur de l’entreprise si les conditions de financement qui y sont associées sont avantageuses ou désavantageuses par rapport au marché actuel.

L’évaluation par un expert de votre entreprise vous permettra d’en connaître la valeur réelle de votre entreprise en tenant compte de tous ces ajustements et des nombreux autres qui peuvent s’y ajouter.

Conclusion

Une entreprise qui sortira de la crise en ayant réussi à maintenir son fonds de roulement et son niveau d’équité à travers le COVID-19 aura «passé le test» et démontré sa capacité à surmonter les obstacles. Sa réaction à la crise au niveau du maintien de la production/de la prestation de services, de la gestion des ressources humaines, de la gestion financière et des communications aura un impact majeur sur la perception d’un acheteur potentiel quant à sa solidité et, donc, au niveau de risque associé à son acquisition. Une bonne gestion des défis actuels favorisera grandement la vente de votre entreprise à un prix intéressant.

Les prochains articles de notre dossier La vente de mon entreprise vs le COVID-19 suivront sous peu.

N’hésitez pas à contacter l’équipe de LaVitrine si vous avez des questions. Nous sommes là pour y répondre.

À bientôt,

Anne

Courriel: anne@lavitrine.biz

Téléphone: (581) 702-6053

Suggestions d’articles complémentaires qui peuvent vous intéresser:

Fusions et acquisitions, des occasions à venir:

https://www.lapresse.ca/affaires/marches/202004/17/01-5269896-fusions-et-acquisitions-des-occasions-a-venir.php

Comment va le Québec repreneurial?:

https://ctequebec.com/2020/04/21/quebec-repreneuriat/

Comment évaluer une entreprise pendant la crise de la COVID-19:

https://www.droit-inc.com/article26628-Comment-evaluer-une-entreprise-pendant-la-crise-de-la-COVID-19

Comment gérer l’insécurité financière de mon entreprise?:

http://ctequebec.com/2020/04/30/linsecurite-financiere-entreprise/

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